Yves Granjon Candidat à la présidence de l'université de Lorraine 2017

Ensemble, réinventons l'université de Lorraine

Un nouveau souffle pour le pilotage de l'établissement

Depuis plusieurs mois, les femmes et les hommes qui veulent réinventer l'université de Lorraine se réunissent, rencontrent les personnels enseignants, chercheurs, BIATSS et co-construisent un vrai projet alternatif pour notre Etablissement. Futurs membres de l'équipe de présidence, candidat(e)s sur les listes aux élections des conseils centraux du 4 avril 2017 ou tout simplement soutiens de la démarche collective qui s'est mise en place, en voici la liste.

Retrouvez le détail des listes qui se présentent à vos suffrages le 4 avril prochain dans la rubrique ACTUALITES.
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Le Projet

Retrouvez ici dans les jours qui viennent les priorités du prochain mandat et les propositions pour réinventer l'université de Lorraine.

Quel destin pour l’université de Lorraine ?

Le Président sortant nous l’a réaffirmé lors de sa cérémonie des vœux, notre université est la deuxième en France par ses effectifs et par sa taille. Pourquoi n’entend-on jamais dire qu’elle est la deuxième université par sa notoriété ou son attractivité, sans être forcément adepte des classements internationaux ? Notre établissement, avec toute sa richesse humaine, avec son étendue géographique sur onze agglomérations à l’échelle de quatre départements, avec sa place au cœur de l’Europe dans la seule région aux quatre frontières, avec sa couverture quasi exhaustive de tous les champs des savoirs est-il condamné à la morosité, au mal-être et à la démotivation de ses personnels, au manque d’attractivité et à l’abandon même de ce qui fait les valeurs fondamentales de l’Université : liberté, initiative, construction de l’avenir, humanisme.

Le potentiel inouï qui est le nôtre est cadenassé par :


Pour que l’université de Lorraine ait la place qu’elle mérite, pour qu’elle rayonne comme l’une des toutes premières universités françaises et européennes, pour que ses personnels soient fiers et heureux d’y travailler, pour que tous ses étudiants soient préparés au mieux à prendre demain les rênes de notre société, pour qu’elle attire, accueille et développe tous les talents, pour qu’elle soit reconnue comme un acteur majeur et incontournable de la création de savoirs, de connaissances et de solutions pour accompagner toutes les transitions auquel notre monde doit faire face et cela, dans tous les secteurs, elle doit changer radicalement son logiciel.

Avec davantage de souplesse, davantage de confiance, davantage d’écoute, davantage de démocratie, davantage d’accompagnement, davantage d’ouverture et par dessus tout, avec des modes de gouvernance résolument nouveaux et soucieux des hommes et des femmes qui œuvrent au quotidien pour la formation et la recherche, alors là, oui, l’université de Lorraine sera en capacité de devenir un établissement qui correspond à la vision que nous en avons et dont nous serons fiers collectivement.

Le vrai destin de l’université de Lorraine, seule université à l’échelle d’un vaste territoire au cœur de l’Europe et couvrant pratiquement tous les champs des savoirs, est de devenir l’université européenne de référence qui fait face, tant en recherche qu’en formation, aux grandes transitions qui ont déjà commencé et qui apporte des solutions durables aux grands enjeux de société, en mobilisant tous ses secteurs, en rayonnant à l’international tout en restant ancrée dans son territoire. Ce destin est à portée de nous car une autre université est possible.

Priorité 1 : confiance, qualité de vie au travail, agilité et responsabilité

Il convient d’instaurer partout dans l’établissement de nouveaux modes d’organisation et de management basés sur la confiance et sur la liberté d’initiative. Avec plus de responsabilité et d’autonomie, nous retrouverons un fonctionnement simple, agile, souple et réactif, en un mot : créateur de valeur collective. La qualité de vie au travail sera une priorité du mandat et deviendra un des leviers fondamentaux permettant de déployer toutes les richesses humaines de notre université. Un ou une vice-président(e) délégué(e) à la qualité de vie au travail fera partie de l’équipe de présidence.

Proposition 1 : créer des maisons de projets

Les “contrats d’objectifs et de moyens” et le “dialogue de gestion” mis en place par la présidence sortante avec les pôles et les collégiums n’ont été que de vastes farces. A leur place, nous mettrons en place de vrais contrats de projets assortis d’un véritable dialogue de projets. Cette nouvelle manière de travailler permettra de mobiliser la richesse des compétences de tous les services de l’établissement autour de projets concrets soumis par les pôles, les collégiums, les laboratoires, les composantes de formation et même par des équipes isolées désireuses de promouvoir des actions novatrices. Des cellules projets rassemblant pour une durée donnée, des hommes et des femmes de tous horizons (numérique, juridique, international, innovation pédagogique, valorisation-transfert, etc.), seront ainsi mises en place pour aider les porteurs à développer leurs actions.
Deux maisons de projets seront créées dans un premier temps : une à Nancy et une à Metz. Elles deviendront les portails de l’université pour celles et ceux qui développent des idées. Là, deux vice-président(e)s délégué(e)s au dialogue de projets seront à leur écoute et pourront leur proposer un contrat de projet engageant l’établissement. Un chef de projet permanent aura pour mission de rassembler et dimensionner les compétences à mobiliser pour la réussite du projet. Ces maisons de projets auront aussi une mission de veille pour tout ce qui concerne les dispositifs de financements (régionaux, nationaux, européens, etc.) et de conseil pour réunir les conditions du succès des projets. Elles seront aussi les portes d’entrée de l’université pour les partenaires et les institutions.

Proposition 2 : sécuriser les dotations aux pôles et aux collégiums

Dès le budget 2018, les dotations aux pôles et aux collégiums seront sécurisées en mode pluriannuel de sorte que les missions de formation et de recherche soient assurées d’un socle de moyens humains et financiers sur une période d’au moins quatre ans. Ce socle sera complété par les moyens négociés grâce aux contrats de projets, toujours en mode pluriannuel. L’enveloppe globale de la dotation pédagogique sera augmentée d’un million d’euros dès 2018, soit 15% de progression. Nos missions de service public ne doivent plus être les variables d’ajustement de l’université et tous les secteurs disciplinaires doivent non seulement être dotés de moyens leur permettant de former aux mieux les futurs diplômés de l’établissement mais également disposer d’un solide engagement de la présidence sur le long terme concernant ces moyens.

Priorité 2 : démocratie et collégialité

La démocratie, la collégialité et le débat, ce que les maîtres médiévaux appelaient la disputatio font partie depuis toujours de l’ADN de l’Université. Ces principes essentiels, sans quoi il ne peut y avoir de progrès collectif, doivent revenir au cœur de notre quotidien. La politique scientifique doit se discuter en Conseil Scientifique tout comme la politique en matière de formation doit être débattue en Conseil de la Formation. Il faut faire jouer pleinement son rôle au Sénat Académique, seul lieu où les deux missions peuvent efficacement se rencontrer et faire l’objet d’un vrai débat sur l’adossement de l’une à l’autre. Les avis des différents conseils seront respectés. La démocratie commence aussi par la possibilité donnée à d’autres candidats que ceux ou celles proposé(e)s par le président, de se présenter aux vice-présidences institutionnelles (CA, CS, CF, CVU et VP étudiant). Le règlement intérieur sera révisé en ce sens dès le lendemain de l’élection du président.
Le principe de collégialité commande aussi de repenser les procédures d’attribution des promotions locales aux enseignants-chercheurs. Ces procédures doivent non seulement être transparentes mais aussi s’appuyer sur une large et légitime communauté de collègues. C’est dans la réunion des différents conseils élus que se trouve cette légitimité. Le Sénat Académique sera saisi de ce dossier dès le mois de juin 2017.
La démocratie, c’est aussi le dialogue social auquel sera donnée, enfin, une dynamique qu’il n’a jamais connu jusqu’à présent. Le rôle du Comité Technique sera considéré et ses avis seront respectés. De nouvelles discussions seront ouvertes dès le mois de juin sur les sujets des régimes indemnitaires, des agents contractuels, de la formation et de la progression des personnels de l’établissement.

Priorité 3 : accueil, accompagnement et réussite étudiante

Chaque étudiant(e) entrant à l'université de Lorraine, chaque stagiaire de formation continue, quelle que soit sa porte d'entrée, quelles que soient ses spécificités (étudiant étranger, étudiant en situation de handicap ou en situation de vulnérabilité) sera accueilli, accompagné et sera amené le plus loin possible en fonction de ses aptitudes et de son projet personnel. La politique de vie étudiante sera élevée au rang de priorité de l'établissement. Sport, culture, vie étudiante, engagement, bien-être, santé, compétences psycho-sociales, seront les leviers actionnés au profit de la réussite de tous.

Proposition 3 : accueil des étudiants étrangers

Saviez-vous que certains étudiants arrivent sur le sol lorrain sans même savoir où dormir ? Ce n’est simplement pas possible d’accepter cela.

La qualité de l’accueil des étudiants internationaux, mais également celui des enseignants et chercheurs étrangers sera une préoccupation constante. L’établissement déploiera un certain nombre d’outils pour assurer la réussite de cet accueil : préparation au voyage, français langue étrangère, logement, suivi. Des outils de préparation à distance seront généralisés. De nouvelles conventions avec l’ensemble des acteurs concernés hors établissement seront établies.

Nos hôtes doivent être accueillis dignement dès qu'ils posent le pied sur notre sol !

Proposition 4 : santé des étudiants

La santé des étudiants, au sens large, sera une préoccupation permanente de l’Etablissement. Outre les questions cruciales de l’accès aux soins, à l’information, aux dispositifs de prévention qui doivent bénéficier à tous les étudiants et à toutes les étudiantes, quel que soit leur lieu d’étude, il s’agit également de pouvoir développer leurs compétences psycho-sociales. Il s’agit aussi d’assurer un accueil spécifique et un suivi permanent pour les étudiants en vulnérabilité. Pour faire de la santé étudiante une grande cause collective au niveau de l’ensemble de l’université de Lorraine, il faut bien sûr mobiliser le Service Universitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé (SUMPPS) et tous les partenaires impliqués (CROUS, collectivités, services de l’Etat). Alors que le SUMPSS est aujourd’hui relégué au rang de sous-direction d’une direction administrative de l’université de Lorraine, nous lui redonnerons son statut antérieur de service commun avec toute l’autonomie, toute la réactivité et toute la responsabilité qui doivent être les siennes. De nouvelles conventions seront signées avec tous les acteurs concernés et de nouveaux moyens seront alloués pour assurer une vraie équité entre tous les étudiants. Avoir la responsabilité de 55000 jeunes ne souffre aucune tergiversation budgétaire dans ce domaine qui est un préalable à leur réussite.

La santé des étudiants commence aussi par un égal accès à un logement décent, à des offres de restauration spécifiques et aux loisirs. Trop d’inégalités subsistent entre les différents sites de notre Etablissement. Ce n’est pas tolérable.

Nous redonnerons aussi au Service Universitaire des Activités Physiques et Sportives (SUAPS), également relégué au sein d’une direction administrative, son statut de service commun et nous doterons l’établissement d’un conseil des sports.

Un vice-président ou une vice-présidente sera délégué(e) à ce qui, à nos yeux, constitue un enjeu majeur.

Proposition 5 : initier une démarche de réflexion sur la structuration de l'établissement

Oui, il faut fonctionner différemment, nous organiser de manière plus agile, remettre l'humain au centre de nos missions, incarner une nouvelle vision de la communauté que nous formons, avec plus d'écoute, plus de souplesse, plus de soutien aux initiatives, plus de démocratie, plus de collégialité et plus de dialogue.

Mais qu'en est-il de notre structuration ? Celle qui est écrite dans le décret portant création de l'université de Lorraine. Cette organisation en pôles et en collégiums, voulue dès 2011 par les uns, réfutée par les autres, nous interroge depuis 5 ans. Aujourd'hui, certains veulent son maintien, d'autres veulent sa disparition. La question du statut même de grand établissement est parfois posée.

Qui a raison ?

Tant qu'une évaluation sérieuse de notre structuration n'aura pas eu lieu, bien malin qui pourrait prétendre détenir la vérité. Et c'est bien, après cinq ans, le moment de se poser la question.

S'il s'avère que nos pôles ou nos collégiums ne constituent pas une forme idéale de structuration, alors faisons ensemble, collégialement, avec les élu(e)s qui seront désigné(e)s le 4 avril prochain, avec aussi l'ensemble de la communauté, l'examen minutieux des avantages et inconvénients du système. Mais surtout, gardons nous bien des positions dogmatiques, des idées préconçues et des décisions précipitées.

Les femmes et les hommes qui vont réinventer l'université de Lorraine ne veulent pas un nouveau bouleversement ni des décisions brutales, sources d'angoisses et de mal-être et au final de destruction potentielle. Au contraire : il faut une réflexion collective et participative. Ensemble, nous devons évaluer sérieusement la situation actuelle et ne pas nous interdire de rêver l'université de Lorraine idéale.

2012 a été un vrai bouleversement. Cette structure, finalement, très peu d'entre nous l'ont voulue. Il ne s'agit pas de faire le procès du décret portant création de l'université de Lorraine mais d'interroger notre ADN pour imaginer l'avenir ensemble et, conformément à la vision que nous proposons, conduire l’Établissement à la place qui doit être la sienne : celle de l'université européenne de référence dans le domaine des grandes mutations de notre Société.

Il ne faut donc surtout pas nous interdire de rêver notre université idéale. Celle que nous voulons, celle que nous choisirons, compatible avec toutes nos missions et empreinte de valeurs humaines véritables.

Peut-être cette réflexion nous conduira-t-elle à faire évoluer à terme notre structure mais cela se fera sans dogme, sans précipitation et surtout, ce ne sera la décision ni d'un petit nombre, ni d'une équipe de présidence et encore moins d'un président seul.

Proposition 6 : les grands équilibres territoriaux

L'université de Lorraine possède une véritable originalité : elle se déploie à l'échelle de la sous-région Lorraine sur quatre départements. Il s'agit là d'un point fort qui permet aux jeunes de notre territoire de disposer de portes d'entrée à l'enseignement supérieur réparties sur onze agglomérations, du nord au sud de la Lorraine. Cette particularité ne doit pas être perçue comme un éclatement géographique mais comme un outil d'aménagement régional de l'offre d'enseignement supérieur. Elle doit être préservée à tout prix. Sans oublier que les composantes situées sur les sites éloignés jouent un rôle essentiel dans l'économie locale et dans le dynamisme des bassins d'emploi sur lesquelles elles sont implantées.

Chaque site sera d'une égale importance au sein de l'université. Notre mission de service public doit être portée partout où l'université est présente. C'est important pour les personnels mais ça l'est aussi et surtout pour les étudiants qui doivent bénéficier des mêmes conditions d'études quel que soit le lieu où ils les suivent.

Le pilotage de l'établissement doit épouser cette richesse territoriale. Plusieurs vice-présidences seront installées à Metz et les conseils centraux se réuniront régulièrement sur les différents sites ; nous utiliserons, en tant que de besoin, les dispositifs de visioconférence pour éviter les multiples déplacements gourmands en temps et en énergie.

Il conviendra aussi de veiller à ce que les conditions d'études soient comparables entre les différents sites au sens où les moyens de l’État doivent être répartis avec équité. Une évaluation de la part État affectée à chaque étudiant sera diligentée afin de mesurer cette équité. En fonction des constats, un processus de correction devra être initié. De même, les conditions de logement, de restauration, d'accès à la santé et aux loisirs devront être évaluées sur les différents sites.

Proposition 7 : carrières et régimes indemnitaires des personnels BIATSS

Les personnels BIATSS constituent plus de la moitié des forces de l'établissement. Leurs carrières, qu'ils ou elles soient titulaires ou contractuels méritent une attention particulière. La reconnaissance et l'écoute sont des préalables incontournables. Une nouvelle politique de formation et de validation des acquis sera mise en œuvre, en lien avec le comité technique et l'ensemble de la communauté afin de pouvoir offrir de vraies perspectives d'évolution. La mise en place des nouveaux régimes indemnitaires statutaires et des régimes non statutaires sera débattue dès le mois de juin en favorisant la reconnaissance des fonctions mais aussi la reconnaissance de la technicité. La part variable du RIFSEEP est sujette à débat : alors mettons tout sur la table dans la plus totale transparence en recherchant l'équité et la justice. Le système mis en place depuis 2014, appelé à tort prime d'intéressement a généré de flagrantes injustices. Si on parle de primes de fin d'année, il doit s'agir de vraies primes de fin d'année : même montant pour tous les personnels. Si intéressement il y a, ce doit être fait dans le cadre légal du décret de 2010 qui l'autorise et qui permet d'intéresser tous les personnels (enseignants, enseignants chercheurs et BIATSS) qui contribuent au développement de prestations, de contrats, d'actions externes, etc. L'université de Lorraine a fait le choix de ne pas appliquer ce décret. Il faut revoir cette position et soumettre la question au CT.

Dans un autre registre qui impacte également la politique sociale de l'établissement, nous préférerons toujours la mobilisation des compétences internes à l'externalisation systématique.

C'est une nouvelle ère du dialogue social qui va s'ouvrir à l'université de Lorraine.

Proposition 8 : un pack d'installation pour les jeunes collègues enseignants-chercheurs

Le début d'une carrière dans l'enseignement supérieur est sans aucun doute un moment exaltant : intégration d'une nouvelle équipe de recherche, construction d'axes scientifiques propres, création de nouveaux cours, TD ou TP. C’est aussi une période où l’enseignant est très sollicité. L'accompagnement de nos jeunes collègues joue un rôle essentiel car c'est bien souvent au cours des premières années qu'une dynamique positive est donnée. Les laboratoires et les composantes de formation le savent et ont déjà l'habitude de tout faire pour faciliter leur tâche.

L'établissement apportera lui aussi un soutien concret sous la forme d'un pack d'installation, sur deux ans, autrement dit une enveloppe financière destinée par exemple, à couvrir une partie des frais techniques liés à l'accueil de l'enseignant-chercheur, à lui permettre de gratifier des stagiaires de niveau M2, etc.

Proposition 9 : patrimoine, surfaces et remembrements

Il est tout à fait normal qu'un établissement comme le nôtre s'interroge sur les surfaces qu'il occupe, que ce soit pour les formations, pour la recherche ou pour les services d'appui. L'évaluation du patrimoine, son coût d'exploitation, son état général, son implantation dans la cité, son adaptation aux missions, sont autant de paramètres à prendre en compte et font partie du pilotage de l'université.

Pour aborder ces questions, les femmes et les hommes qui veulent réinventer l'université de Lorraine utiliseront la même méthode : dialogue et transparence. La gestion des surfaces et les possibles remembrements, reconstructions ou déménagements génèrent des inquiétudes légitimes. Il n'est pas question de jouer au Monopoly avec le bâti de l'établissement.

Ce qui compte à nos yeux :

- la consultation de toutes les personnes concernées et l'impact sur leur quotidien,
- une meilleure évaluation de l'existant (état des locaux, adaptation aux missions, environnement direct et vie des quartiers),
- le dialogue avec les collectivités et l'évaluation de l'impact sur la vie de la Cité (aménagement, transports,, etc.),
- le sens que l'on donne à l'ensemble des projets sur le long terme.

In fine, ce sont des projets partagés qui, là aussi, devront émerger des réflexions.

Proposition 10 : responsabilité sociétale et développement durable

En affichant la volonté de faire de notre établissement, l’université européenne de référence qui sait mobiliser l’ensemble de ses forces pour apporter des solutions durables aux problèmes liés aux grandes mutations de notre temps, nous ne faisons qu’affirmer ce que doit être la responsabilité sociétale de l’université de Lorraine.

Les thématiques sociétales ne seront pas, à l’université de Lorraine, de simples réflexions incluses dans notre projet : elles sont notre projet. Cette priorité sera accompagnée de la désignation d’un(e) vice-président(e) en charge de la responsabilité sociétale et du développement durable qui disposera de véritables moyens d’action. La politique de l’établissement se déclinera autour de trois axes :

• Le soutien aux actions de recherche, notamment interdisciplinaires, dont l’objet est de créer des solutions aux problèmes liés aux mutations environnementales, énergétiques, économiques, sociales, alimentaires, sanitaires, à celles liées aux transports, à l’économie circulaire, etc. Ce soutien sera matérialisé au travers des maisons de projets. Seule l’interdisciplinarité peut être le moteur de cette création, notamment à l’interface entre les technologies et les sciences humaines, tant il est évident que la part de l’humain sera fondamentale pour garantir le succès des transitions auxquelles nous sommes confrontés.

• La généralisation de l’enseignement de ces thématiques quelles que soient les filières de formation. Les jeunes (ou moins jeunes) que nous formons ne peuvent en aucun cas ignorer cette dimension qui, demain, sera un fil rouge de leur parcours dans la société. Il ne peut s’agir d’une simple sensibilisation, ce doit être un enseignement obligatoire partout.

L’application à nous-mêmes de ces grands principes, sans quoi nous ne saurions être crédibles. Ce qu’il y a à faire est incommensurable, qu’il s’agisse de nos bâtiments, de notre politique de déplacement interne, de la politique d’achats, etc. Les pistes sont nombreuses : flotte de véhicules électriques, multiplication des réunions en visio-conférence, dématérialisation intelligente, etc., sans oublier ces petits plus qui font le bien vivre ensemble et qui enrichissent notre quotidien.

Le fonctionnement par projets qui va devenir notre nouveau modèle de pilotage se prête particulièrement bien à ce que ces thématiques ne restent pas au stade de comptes rendus de réunions rangés sur des étagères. Nous fixerons des objectifs et nous nous donnerons les moyens d’y parvenir.

Par ailleurs, nous incluons la qualité de vie au travail, au sens large, dans la thématique de la responsabilité sociétale et du développement durable. Cette question, élevée au rang des toutes premières priorités de l’établissement, sera pilotée par un(e) autre vice-président(e). L’université de Lorraine doit à chacun de ses membres, la destruction des obstacles qui gênent l’accomplissement de leur mission et qui les font souffrir.

Les questions de qualité de l’accueil, de la santé des étudiants, de leur logement et de leur offre de restauration sont également au cœur de notre projet. Ce sont là des conditions essentielles à leur réussite. Ce sera un enjeu politique affirmé de la nouvelle équipe.

Proposition 11 : des structures d'accueil pour les enfants des personnels

La qualité de vie au travail dépend aussi de la possibilité de concilier vie professionnelle et vie familiale. L’université de Lorraine, institution de plus de 6700 personnels, se doit de disposer a minima d’une structure d’accueil de type crèches/ sur Nancy et d’une autre sur Metz.

L’étude sera lancée dès le mois de juin afin d’évaluer la pertinence du projet, son dimensionnement et son modèle économique. Nous étendrons cette étude aux autres sites ainsi qu’aux étudiants car ils ou elles peuvent aussi être confronté(e)s à des problèmes de garde d’enfants, y compris ponctuels.

Nous rechercherons les partenariats les plus pertinents et proposerons une mise en œuvre rapide et économiquement viable.

Ce projet a été mûri au cours des réunions de réflexion organisées depuis près d’un an à partir d’un échange avec l’UNSA ITRF BI.O. Preuve est faite, une fois de plus, que le dialogue s’avère toujours constructif. La méthode que nous proposons est la bonne. C’est une approche humaine, créative et fondatrice de l’intérêt collectif.

Proposition 12 : une nouvelle dynamique à l'international

Nous attirerons des étudiants étrangers dans la mesure où nous sommes capables de leur proposer des parcours et des diplômes attractifs. Une offre de masters conçus autour de nos forces en recherche est sans aucun doute un préalable. Certains de ces masters pourront avantageusement être proposés en langue anglaise mais cela ne peut pas être généralisé à l’ensemble de l’offre. Nous devons aussi promouvoir la langue et la culture françaises, également attractives à l’international.

La qualité de la préparation et celle de l’accueil des étudiants étrangers seront déterminantes pour renforcer l’attractivité (voir proposition 3), c’est une évidence.

Nous devons avant tout inscrire cette attractivité dans le cadre de partenariats solides avec des grandes universités partenaires, notamment européennes, qui nous sont complémentaires et dont la stratégie entre en résonance avec la nôtre, d’où l’importance de pouvoir afficher un cap clair. Ces partenariats doivent, autant que faire se peut, être actifs autour de parcours coconstruits multiculturels, par exemple des masters européens, à l’instar de ce que l’établissement sait déjà faire dans certains secteurs (école européenne). Non seulement ce type de formation attirera des étudiants internationaux dans des filières où notre compétence est avérée mais ce sera aussi l’occasion, pour nos étudiants, d’acquérir une expérience dans une université partenaire. Dans l’idéal, tout diplômé au niveau bac+5 devrait avoir eu l’occasion d’effectuer un séjour à l’étranger. Charge bien sûr à l’université de déployer des dispositifs d’accompagnement de sorte que cette possibilité puisse être offerte à tous.

L’établissement doit aussi afficher clairement sa volonté de développer l’aide universitaire internationale, notamment à destination de pays en développement ou en reconstruction. Il s’agit là, pour nous, d’un devoir fondamental devant être guidé par l’altruisme seul, tout en ayant présent à l’idée que la diffusion des savoirs et l’éducation sont les leviers les plus puissants de l’entente entre les peuples. La formation des enseignants est bien sûr un des éléments de ce volet.

Proposition 13 : adossement recherche - formation

Il est inconcevable, à l’université, de considérer que la création et la diffusion des savoirs sont indépendantes. L’Université a pour mission de créer l’avenir. Elle le fait en développant les connaissances, en les stabilisant, en les conservant et en les transmettant à ses futurs diplômés, à quelque niveau que ce soit. Le métier d’enseignant – chercheur, d’ailleurs est bel et bien un seul et même métier. La structuration de notre établissement peut laisser penser que les deux volets fonctionnent sans interdépendance. C’est vrai à certains endroits, moins vrai à d’autres. En tout état de cause, il faut s’assurer que recherche et formation sont toujours parfaitement adossées.

Les moyens d’y parvenir sont simples : mieux impliquer la recherche dans l’élaboration de la cartographie des formations, secteur par secteur, discipline par discipline, mais aussi dans l’interdisciplinaire, généraliser l’expérience menée dans certains collégiums d’organiser des conférences scientifiques et pédagogiques, qui sont des réunions pôles - directeurs de composantes au sein d'un collégium, où les filières de formation se nourrissent des résultats de la recherche et construisent ensemble les contours des besoins communs, notamment lors des campagnes d’emplois, donner très tôt le goût de la recherche aux étudiants, notamment au travers d’opérations de sensibilisation, de stages en laboratoire ou de tutorat suivi par des doctorants.

Proposition 14 : l'université de Lorraine dans le Grand Est

La nouvelle carte des régions nous poussent naturellement à nous projeter désormais dans un écosystème plus vaste, avec les autres établissements du Grand Est mais aussi avec les établissements transfrontaliers, avec l’Université de la Grande Région, avec notre proche voisin luxembourgeois.

L’attractivité de nos établissements doit devenir une démarche collective qui nécessite que soit mises en cohérence les cartographies des activités de chacun, tant en termes de recherche que d’enseignement. L’université de Lorraine ne pourra devenir une université européenne de référence qu’au sein d’un espace Grand Est de l’enseignement supérieur qui doit dépasser le stade des simples ententes cordiales. Il faut des actes : mettre en cohérence nos visions stratégiques, afficher les points forts des uns et des autres, nous soutenir mutuellement par nos complémentarités, voilà de vrais enjeux.

Les universités du Grand Est doivent rester des établissements distincts. Mais elles doivent aussi être capables de mettre en réseau les disciplines et les filières pour tirer toute les communautés vers le haut, de déployer leurs efforts en vue d’une politique coordonnée à l’international et d’adopter rapidement une position commune en ce qui concerne certains secteurs à faibles effectifs de manière à assurer leur pérennité.

D’une manière générale, le paysage de l’enseignement supérieur doit, à l’instar de ce qui se prépare dans d’autres domaines, épouser une logique territoriale au niveau de notre nouvelle région. C’est une nécessité et l’université de Lorraine doit peser de tout son poids dans cet aménagement.

Proposition 15 : une équipe de présidence réorganisée

Si l’équipe de présidence sera naturellement entièrement renouvelée, elle sera également très différente par ses contours et par l’approche du travail collectif qui sera le sien. Il s’agit là d’une démarche qui va dans le même sens que l’ensemble des autres propositions pour plus de démocratie, plus de modernité dans le pilotage de l’établissement et plus de respect de la séparation entre le politique et l’administratif.

La première vice-présidence sera messine et sera installée à Metz.

Les vice-président(e)s des conseils scientifiques, de la formation et de la vie universitaire seront toujours élu(e)s par les conseils concernés mais les candidat(e)s proposés par le président ne seront pas les seul(e)s à pouvoir se présenter. Les principes les plus élémentaires de la démocratie commandent que la pluralité des candidatures soit respectée.

Le président ne proposera pas de nom pour l’élection du vice-président étudiant. Les candidatures seront entièrement libres de s’organiser comme le souhaitent les étudiants.

Il n’y aura plus de vice-président associé de manière systématique à une direction opérationnelle.

En revanche, des vice-président(e)s seront délégué(e)s aux grands enjeux politiques prioritaires : qualité de vie au travail, dialogue de projet, santé étudiante, responsabilité sociétale et développement durable, simplification administrative et organisationnelle, etc.

La future équipe de présidence sera composée d’hommes et de femmes dont les différences et les spécificités assureront la meilleure représentativité de notre université et sera gage de progrès collectif.